J’aimerais que l’on m’explique

 dans Nouvelles

Bonjour,

Tandis que le débat continue de faire rage relativement  au saccage de l’assurance-emploi  – avec raison – la problématique des prestations de maladie demeure malheureusement exclue du dialogue.  Derrière cette brume épaisse, aucun progrès n’a été constaté à l’heure actuelle.

La situation sociale se détériore : il y a une augmentation des délais d’attente pour relativement tout : rendez-vous médicaux, traitements, chirurgies, accès aux médicaments, accès à un médecin, à un spécialiste,  etc.  La désorganisation règne à tous les paliers. Sans parler de l’inflation et de l’augmentation du coût de la vie qui ne cesse pas : alimentation, essence, électricité, taxes, diminution du nombre de médicaments couverts par la RAMQ,  etc.  Bref, tous les besoins de base sont touchés.  Selon la Banque du Canada  http://bit.ly/1hRbjmK – un montant de 100$ en 1971 équivaut aujourd’hui à 603,43.  Cela représente  503 % d’augmentation.  Allo ???

Et pendant ce temps, les gens malades continuent de se retrouvent face à rien au terme de leurs maigres 15 semaines de prestations de maladie.  Le calcul est simple, impôts enlevés, il vous restera : 360$ x 15 = 5400$.   Cela sans aucune distinction relativement à votre statut, que vous soyez seul ou non, sans enfant ou encore à la charge d’une famille de 3 marmots, on ne vous versera pas un cent de plus.

En vrac : rappelons que le seuil de la pauvreté pour une personne seule est établi à : 17 251$ /an, et que l’aide sociale pour une personne seule est équivalente à : 7245$ /an.

Et puis arrive cette citation, déconnectée de la réalité, qui semble sortie tout droit d’un conte de fées pour enfants blasés :

« La création d’emplois, la croissance économique et la prospérité à long terme sont les grandes priorités du gouvernement du Canada. Les modifications apportées au régime d’assurance-emploi feront en sorte que le régime sera mieux adapté aux économies croissantes des territoires et que les personnes qui vivent dans des endroits où l’état du marché du travail est similaire recevront des prestations équivalentes dans l’ensemble du pays. Notre gouvernement se fait un devoir de mettre en place un régime national d’assurance-emploi équitable, flexible et adapté à l’état du marché du travail. »

– L’honorable Jason Kenney, ministre de l’Emploi et du Développement social et ministre du Multiculturalisme – février 2014

Je ne vois pas comment on peut parler de prospérité à long terme quand le gouvernement laisse carrément tomber une grande partie de sa population aux prises avec une maladie grave.  Rappelons encore une fois qu’il s’agit d’une situation temporaire pour ces gens.  Ces gens qui n’aspirent qu’à guérir et à retrouver une qualité de vie, une dignité qui, il me semble, devraient faire partie des conditions de base des Canadiens.  Rappelons que bien peu de gens seront épargnés par la maladie au courant de leur vie active.  Personne n’a le goût d’entendre ça.  Il s’agit pourtant d’une réalité que l’on ne peut nier.

J’aimerais qu’on m’explique comment il est rentable économiquement de pousser des milliers de gens à la faillite, à l’aide sociale, à la perte de tous leurs actifs et de leurs biens.

J’aimerais qu’on m’explique comment il est économiquement rentable d’observer la déchéance involontaire de ces gens qui, pour une grande partie, n’arriveront jamais à remonter la pente financièrement.

J’aimerais qu’on m’explique comment il est plus rentable d’acculer ces gens ainsi au pied du mur alors qu’ils risquent de ne plus jamais pouvoir réintégrer la population active,  payer des taxes, des impôts, des cotisations d’assurance-emploi, bénéficier d’un pouvoir d’achat et d’emprunt.  Bref, faire rouler l’économie.  Cette économie si chère aux yeux de notre gouvernement.

Et pendant ce temps,  j’oublie volontairement tout ce qui concerne l’estime de soi des gens, la dignité, la fierté d’être utile à la société.  J’oublie tout ce qui concerne les dommages collatéraux  de la maladie et de la pauvreté : inégalités sociales, isolement, effets sur les enfants et liens avec le décrochage scolaire, sur la vie de couple.  J’oublie que nous détenons un taux de suicide incroyable.  J’oublie les problématiques d’itinérances.  Et j’oublie…  De toute évidence, il s’agit d’un langage que peu d’élus semblent comprendre en ce moment.

Pour l’instant, rappelons-nous ce qu’il en est des prestations de maladie du régime canadien d’assurance-emploi : figées dans le temps, établies en 1971, désuètes voire absurdes devant les besoins et aux réalités d’aujourd’hui.  Le temps s’est arrêté.

Et pendant que j’attends ces réponses, je continue d’amasser des signatures visant à faire modifier cet article de loi périmée.  Ensemble nous avons déjà amassé près de 600 000 signatures.  Merci de m’aider à continuer cette lutte.  Merci de partager cet article et le lien pour ma pétition.  Merci de votre implication.  Et surtout, merci au nom de tous ceux qui n’ont pas la capacité ni l’énergie de participer à ce combat.

Marie-Hélène

 

D’autres billets récents

Laissez un commentaire

Contactez-nous

Questions ou commentaires? Écrivez-nous!